Guillaume BRASSART
Avocat
Le ministère de l’Intérieur a établi une liste de métiers dits en tension, ouverts aux étrangers non-ressortissants d’un État membre de l’Union européenne* ou d’un État appartenant à l’espace économique européen*.
Un simulateur permettant de vérifier que l’emploi proposé fait partie de cette liste est accessible via le portail des étrangers en France.
L’employeur doit démontrer qu’il n’a reçu, pendant toute la durée de diffusion de son annonce, aucune candidature ou qu’aucune des candidatures reçues ne permet de pourvoir à l’emploi proposé.
Si l’annonce n’a pas permis de trouver un candidat au poste proposé ou que l’emploi fait partie de la liste des métiers en tension, une demande d’autorisation de travail peut être lancée.
La demande s’effectue, à présent, uniquement en ligne sur le site du ministère de l’Intérieur. Il n’est plus nécessaire de prendre rendez-vous à la Préfecture ou de s’y déplacer. Cette dernière dispose, alors, d’un délai de 2 mois pour répondre à la demande. Sans retour dans ce délai, une décision automatique de rejet de la demande est délivrée.
Si la personne est embauchée en qualité de travailleur salarié, elle doit, à l’obtention de son autorisation de travail, se présenter à l’ambassade de France de son pays d’origine pour demander la délivrance d’un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) d’une durée d’un an.
Le salarié dispose de 3 mois, à partir de sa date d’arrivée en France, pour valider son visa auprès des autorités françaises.
Si la personne est embauchée en qualité de travailleur saisonnier, son contrat de travail doit être tout d’abord validé par la DREETS (direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) territorialement compétente.
À noter : le travailleur saisonnier ne peut être employé plus de 6 mois sur 12 mois consécutifs.
Dès l’obtention de son autorisation de travail, il doit se rendre à l’ambassade de France de son pays d’origine pour demander la délivrance d’un visa de 3 mois mention « travailleur saisonnier ».
Dès son arrivée en France, il doit demander une carte de séjour mention « travailleur saisonnier » à la préfecture du lieu de son 1er séjour en France.
Quel que soit le pays d’origine du salarié étranger, c’est le droit de travail français qui s’applique sur l’ensemble du territoire. Les horaires et conditions de travail doivent donc être les mêmes que pour tout autre salarié de l’entreprise. Le coût de l’embauche d’un étranger est, en outre, identique à celui d’un salarié français.
L’entreprise qui emploie un salarié étranger (hors UE et espace économique européen) doit, toutefois, régler la taxe OFFI (office français de l’immigration et de l’intégration). En 2024, le montant de cette taxe s’élève à :
Pour les contrats de travail d’une durée comprise entre 3 et 12 mois:
Pour les contrats de travail de plus de 12 mois:
La déclaration et le paiement de cette taxe sont à faire avec la déclaration de la TVA.
Pour les salariés saisonniers, il convient, par ailleurs, d’anticiper le renouvellement de leur autorisation de travail ou de leur titre de séjour « travailleur saisonnier » (entre 2 et 4 mois avant la date de fin de validité).
N’hésitez pas à consulter nos équipes pour tout appui juridique en lien avec l’embauche d’un salarié étranger.

Julien Le Texier
Avocat associé
j.letexier@oratio-avocats.com

Mathieu Beauchant
Avocat
mathieu.beauchant@oratio-avocats.com

Guillaume Brassart
Avocat
guillaume.brassart@oratio-avocats.com
*UE : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre (partie grecque), la Croatie (depuis le 1er juillet 2013), le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, la République slovaque, la Roumanie, la Slovénie et la Suède.
**Espace économique européen : Islande, Norvège, Liechtenstein + la Suisse
Référence
Liste des métiers en tension fixée par l’arrêté publié le 1er avril 2021.
Les informations indiquées dans cet article sont valables à la date de diffusion de celui-ci.